Le Liban au coeur

Alsaciens amis du Liban et Libanais d'Alsace unissent leurs efforts pour aider le Liban après les incendies du mois d'octobre qui ont détruit des sites magnifiques, notamment la Colline de la Croix...

« Nous avons tous un peu de Liban dans notre coeur », a dit le Pr Georges Schaff, professeur de médecine à la retraite, lors de la création de l'association Alsace-Liban, la semaine dernière à Strasbourg.
 Les fondateurs de l'association venaient de présenter au public, une bonne cinquantaine de personnes, un film sur les incendies de forêt dans la montagne libanaise, au mois d'octobre.

 

« Mon père m'a
dit, c'est le plus beau pays du monde »

 Une forêt qui brûle, c'est effrayant. Les images de ce petit film envoyé par des Libanais, montrent l'étendue des destructions. On se demande encore si ces incendies, qui ont éclaté en plusieurs endroits en même temps, ne sont pas d'origine criminelle. Mais, ce n'est pas la préoccupation de Joseph Chucri, le président-fondateur de l'association.
 Ce qui compte pour Joseph Chucri, qui habite depuis vingt ans en Alsace, c'est la reconstruction : il envisage de faire replanter 10 000 arbres sur la Colline de la Croix qui domine son village natal, Deir el Kamar. « J'en ai parlé à Henry qui a pensé à une association... » Henry Bretz, adjoint au maire, chargé de Koenigshoffen - Montagne-Verte, a mobilisé ses amis. Il a porté l'association sur les fonts baptismaux, la marraine étant Martine Calderoli-Lotz, conseillère régionale.
 « Mon père, explique Martine Calderoli, a fait la guerre (Seconde guerre mondiale) au Liban, et il m'a toujours dit : c'est le plus beau pays du monde. » Il a transmis cet amour du Liban à sa fille qui n'est jamais allée au pays du Cèdre, mais qui a été séduite par la chaleur des Libanais rencontrés en Alsace.

 

 

 

 

 

« Pour les Libanais,
la France a toujours été la mère patrie »

 Le Dr Henry Bretz a plaidé pour « ce pays martyrisé » qui n'a guère eu l'occasion d'être « la Suisse de l'Orient », comme on le croyait, jusqu'à ce qu'éclate la guerre entre les différentes minorités religieuses, en 1975. Il a plaidé pour son ami Joseph Chucri, « un mousquetaire toujours prêt à s'engager pour défendre une cause » et dont le « coeur saignait » à la vue des collines en flammes.
 Autre avocat de la cause libanaise, François Friederich, diplomate au Conseil de l'Europe, et qui, il y a vingt ans déjà, avait fondé une association de solidarité. « J'avais des amis libanais. Nous avons organisé des convois humanitaires. J'y suis allé. J'ai vu ce que c'est qu'un pays détruit, un pays qui souffre. »
 Les témoignages d'amitié sont allés droit au coeur du Dr Elias Tachy : « Pour les Libanais, la France a toujours été la mère patrie. » Mais, depuis quelques années, « je me sentais orphelin ». La politique étrangère française n'était pas tellement réjouissante pour les Libanais, malgré l'amitié personnelle entre Jacques Chirac et Rafik Hariri (assassiné en février 2005). Avec la création d'Alsace-Liban, le Dr Tachy ne se sent plus abandonné : « Je me dis que je me suis trompé. »
 Ces retrouvailles entre le cèdre et la cigogne devraient déboucher sur des actions concrètes d'aide à la replantation de la colline de la Croix, pour qu'elle ne soit plus « la colline des larmes ».

Roger Wiltz

Association Alsace-Liban, 16, rue de la Tour, 67 200, Strasbourg, ou www.alsace-liban.com

Édition du Mar 11 déc. 2007